Hommage à Malika

 

  

Malika la radieuse

On ne la voit plus depuis près d’un mois.  Avant, elle nous attendait au stade, toujours un peu en avance, comme si elle aimait nous accueillir un à un. Elle nous attendait avec son grand sourire, les yeux pétillants. Elle aimait bien vous prendre par le bras, plaisanter, vous chahuter.

Parfois, on la voyait seconder Daniel, à califourchon sur le guidon de son vélo, elle l’aidait comme elle pouvait, juste par quelques encouragements. Et Daniel pompait, pompait, pompait…

Parfois, on pouvait même s’engager dans une discussion difficile. Une polémique. Elle pouvait même ne pas être d’accord avec vous.  Mais jamais elle ne se serait départie de son sourire. Elle vous marquait ses désaccords avec un grand sourire. Confondant !

Souvent, vous appreniez qu’elle avait effectué telle ou telle tâche, parce que la tâche était faite.  Elle s’activait à votre insu, prévoyait un en cas. C’est le genre de personne toujours prête à ouvrir son sac pour vous offrir quelque chose.  C’est le genre de personne qui a toujours quelque chose à sortir de son sac. Vous prendrez bien un biscuit, un chocolat.

Et voilà que madame se blesse bêtement. Je dis bêtement parce qu’il paraît qu’elle a désobéi à son président qui lui avait déconseillé cette course.  Ce n’est pas bien, Malika, pas bien du tout de désobéir à son président.

Mais bon, voilà donc notre petite Malika blessée, je ne vous ai pas dit où. Malika est blessée, comme un petit oiseau palpitant cherchant à prendre son envol.

 

Jean-Marc Geidel