Marathon de Tokyo - 27 février 2011

 

 

 

Nom

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Classement

Sur 1347

Nicolas Dumort

03h02:50

570 / 31882

 

Tokyo, dimanche 27 février 2011. 6h30 du matin : départ de l'appartement pour la Mairie (Shinjuku Gyoen National Garden) d’où sera lancé le Marathon de Tokyo. Le centre ville est interdit à la circulation et pour cause, 130000 coureurs et spectateurs sont attendus dans les environs.

 
Sitôt sortis du métro, le décor est planté : 5°C, soleil, vent glacé, et légere brume à l'horizon...
Le marathon et un 10 Km vont se courir ensemble avec un départ commun à 9h10 (ne cherchez pas…)
 
Ce sont les cœurs de l’Opéra de Tokyo en fond sonore qui donnent le ton et le top départ. Grandiose.
25000 coureurs sont devant moi, à cause de l'obtention d'un dossard dans le SAS des 4h00 (pas pu faire autrement).
Je cours doucement mais sûrement, attendant désespérément le moment où l’écrémage va se faire et la route se libérer un peu. Je profite de chaque moment de la course où j’ai un peu de calme autour de moi pour regarder ce qui se passe.
 
Pour info, la première indication kilométrique est au 3ème Km puis tous les 2 Km jusqu’au 35ème.
Ensuite tous les kilomètres seront indiqués jusqu’à l’arrivée.
 
5 km : 00:19:52
Ca a beau descendre, ca reste rapide. j'ai beau slalomer, je ne peux pas faire plus.Trop de densité. En plus pendant les 5 premiers km, j'ai l'impression bizarre d'avoir la plante des pieds gonflés. Mais ça passe à peu près au km 5. Je pense que c'est du au froid et aux piétinements dans le SAS.
 
10 Km : 00:39:26
Après avoir laissé les coureurs du 10 Km prendre une voie balisée à droite, les marathoniens prennent celle de gauche pour ce diriger vers l'Imperial Palace East Gardens. Là, je repère un coureur avec un maillot jaune et un kangourou dessiné dessus. Je me rends compte que son allure est proche de la mienne. Je l’ai suivi un bon moment avant de le rattraper et de le dépasser. Je ne l’ai pas revu.
 
15 km : 00:59:27
J’ai de bonnes sensations, les jambes suivent et le souffle est là. 
 
semi : 01:24:29
De chaque côté des grandes avenues, les spectateurs (Tokyoïtes de tous âges et de toutes conditions, quelques rares étrangers aussi) nous encouragent, je suis bluffé par l'ambiance.
A partir du semi-marathon, les spectateurs proposent même aux coureurs des bonbons et des parts de gâteaux faits maison.
 
30 km : 02:02:57
Je prends un gel (le 2eme depuis le début), je commence à taper dans le rouge. Je me ravitaille en eau tous les 5 Km. Rien de plus. Je préfère être autonome pendant la course. Heureusement pour moi car les ravitaillements en solide ne sont apparus qu’après le semi : bananes et sucres (mouillés à cause de la pluie) étalés sur presque 200m de table, superbes ! Deux autres ravitaillements en solide au 27ème km et au 33ème Km.
 
35 km : 02:26:09
Le parcours est resté plat jusque là. Ensuite, les premiers ponts ont pointé le bout de leur nez dans la baie de Tokyo. Ils sont au nombre de 5. Montées et descentes se succèdent et mes mollets commencent à me faire souffrir avec du 4,45 minutes au kilo. Catastrophe, les 3h m'échappe.
37eme, On arrive enfin au panneau "5km to go" "4km to go".
 
Tout au long du parcours, les bénévoles ramassent tout ce que les coureurs peuvent jeter (bouteilles, ponchos, emballages, gobelets) et nettoient la chaussée de façon méthodique. L’organisation est au top, jusqu’aux toilettes disséminées tous les 3 Km et souvent situées un peu à l’écart du parcours du marathon.
 
40 km : 02:50:52
Plus que deux kilomètres et je passerai la ligne… Je savais alors que le chrono n’avait plus d’importance, il fallait finir. Et alors j’ai entendu en français, Ijan me dire "accroche-toi !". On m’aurait fait une piqûre d’amphétamine ça n’aurait pas été plus stimulant. Bref, j'ai retrouvé un second souffle et accéléré jusqu'à l'arrivée (Tokyo Big Sight).
 
Franchir la ligne d’arrivée joue le même effet qu’un baume guérisseur magique, il efface toutes les douleurs physiques et mentales, je me sens régénéré. J’oublie tous les sacrifices, j’oublie tous les séances d’entraînements à serrer les dents, tous les moments de doutes, la crainte de la blessure, et toutes les émotions négatives. Les souvenirs négatifs font place maintenant à la plénitude, à la fierté, à la joie de se dire que tout est possible! que l'aventure à été belle et sans regret.
 
Après avoir côtoyé les dieux pendant quelques instants, reçu la médaille et goûté au sentiment d’invulnérabilité, je redescends rapidement sur terre, je marche en canard pour aller chercher mon sac, mon t-shirt de finisher du marathon de TOKYO...


 

 

 

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