Coup de Coeur
Le dimanche 17 juin, le ciel était gris et menaçant au-dessus des coureurs rassemblés près de l'église de Vauhallan. Cette petite bourgade organise la course du Castor Fou, une des épreuves du challenge vert de l'Essonne. La situation à quelques km de Paris et son environnement encore peu urbanisé sont de bons atouts pour attirer les adeptes franciliens de la course verte.
Deux distances sont proposées: 11 et 23 km, seul le parcours de 23 km compte pour le challenge.
Le circuit constitué d'une ou deux boucles de 11 km nous entraîne à travers bois et champs non loin de l'imposante abbaye de St Louis du Temple. Composé essentiellement de sentiers forestiers et chemins vicinaux, le parcours, rendu boueux et glissant par les pluies des jours précédents, est agrémenté de quelques bosses bien signalées par des organisateurs compatissants. Ce jour-là nous étions 3 membres du club à parcourir ces 11 ou 23 km avec un certain bonheur et une certaine réussite, notamment pour Maïté qui finira première dans sa catégorie.
J'invite vivement les amateurs de bitume et de tartan, les obnubilés du chronomètre à venir nous rejoindre l'année prochaine sur ce parcours ludique et peu technique pour une initiation en douceur à la course nature.
Par Jean Luc M Une histoire Dingue
Une course verte de réputation difficile dans un très joli cadre. Avec un nom pareil, toutes les folies sont permises. Aussi pourquoi ne pas essayer? Juin est un mois sympa, agréable. Les prémices de l'été peut-on croire. Et bien cette année, ce n'était pas le cas. Ciel tourmenté, gros nuages lourds de pluies, averses orageuses pour éviter que les coureurs se déshydratent ., température plutôt fraîche pour la saison: voilà pour les prévisions. Les jours précédents, la météo s'était acharnée à nous préparer le terrain, c'est-à-dire pluies abondantes, histoire de faire patiner les coureurs . Je suis sur la ligne de départ. Je suis calme. Ouf, ça y est, j'arrive à maîtriser mon stress. Mon objectif est d'arriver « état» vu les difficultés que l'on m'a annoncées. Le départ est donné. Les chronos «» sont déclenchés et l'aventure commence . Je sors du village de Vauhallan et laisse derrière moi la place du village avec sa très jolie église ancienne. Je répète en moi-même: « doucement au départ, pas de précipitation, voir comment se présente le parcours». Le parcours sur le bitume ne fut pas de longue durée. Nous entrons dans le vif du sujet tarder : chemin, type terrain tourmenté, dans les champs. Ensuite, sentier à forte inclinaison montante, naturellement. Embouteillage: chouette, je peux en profiter pour récupérer, et non rouspéter comme certains (pas nombreux car les autres ont bien apprécié la récup. forcée!). Le sol est glissant. Il faut chercher ses appuis. Les côtes sont abruptes. Et maintenant, on nous propose un choix: des marches ou cailloux. Choix de roi! J'opte pour les marches en essayant d'avoir un rythme régulier et cadencé pour faciliter la montée. Les difficultés se succèdent, entrecoupées de courtes distances de récupération, si l'on parle de surfaces plates seulement, car il faut compter avec les trous, les bosses et la boue. La boue qui colle, qui s'accumule pour former des semelles de plomb. Oh que c'est lourd à soulever! Le moment critique se présente, comme pour chaque course, au moment où le corps essaie de résister aux souffrances infligées. La question métaphysique profonde se pose: « qu'est-ce que je fous là?». Les jambes ont du mal à décoller du sol, les muscles tirent, durcissent. J'essaie de trouver des raisons pour les faire obéir. Le souffle devient court. Il faut que je contrôle ma respiration. Trop de choses à penser, donc je décide d'arrêter là mes élucubrations autour de mon ego et je me mets un grand coup de pied au derrière. Action efficace. J'irai jusqu'au bout quoiqu'il m'en coûte. Sage décision. Je traîne mes pieds sur l'herbe pour dégager la boue, et c'est reparti . Heureusement, il pleut. Les gouttes d'eau qui dégoulinent sur le visage, le cou, qui mouillent le tee-shirt, quel plaisir! Adieu brushing! Que ça fait du bien! Me revoilà, pleine de courage. Je pousse sur mes jambes, je les sens répondre et je prends plaisir à courir. C'est à ce moment là que la tête et les jambes sont en harmonie. Je suis heureuse d'être là. Ce parcours est plein de surprises et ne laisse jamais le coureur se relâcher. Chouette, du plat! Quelques mètres après, un bénévole tout souriant, nous barre le chemin et nous indique une autre direction après nous avoir donné quelques conseils précieux, style: «, ça glisse ou attention pente abrupte, tournant raide .» et surtout des encouragements chaleureux. Nous nous enfonçons à nouveau dans les bois. Nous ne faisons que ça : sortir des bois pour s'y replonger. Nous prenons un sentier pentu boueux et caillouteux. Moment de prédilection! J'adore descendre, et par dessus tout ce style de terrain irrégulier qui me rappelle mes Pyrénées. Quelques participants ont remarqué et appliqué aussitôt ma technique efficace: sauter de pierre en pierre, ne pas trop freiner, jamais attaquer la pente de face. J'ai ainsi grignoté quelques précieuses minutes dans chaque descente. Rien ne nous a été épargné. C'est un parcours qui ne laisse aucun répit par sa diversité et ses difficultés augmentées par la pluie. Le dernier kilomètre, et Dieu sait qu'il est dur, est agrémenté de petites côtes traversant la forêt et d'un faux plat. Enfin, l'arrivée au bas d'une descente bien pentue, avec le chrono que, pour une fois, je vois. J'arrive à lire mon temps: 1h09. Je crois avoir mal lu et pense 1h29, carrément . Heureusement, deux supporters m'attendent pour m'annoncer que j'ai fait un bon temps, que je suis la 7e femme et la 1ère de ma catégorie. Quelle joie! Bonheur d'arriver, d'avoir réussi à finir. Une victoire sur soi-même! Les peines sont vite oubliées. Reste le plaisir |
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