Une premiere precision: ceux qui me connaissent le savent, je suis loin d'etre un coureur rapide. Mes 10km je les fais en 50 min au mieux. Les 20 km et semi en deux heure environ.
Et pour les marathons c'est encore pire, il me faut bien 5 heures ! (merci les tendinites apres le 30eme). Donc, s'il est de bon ton de comparer la foulee d'un sprinter a celle du guepart, la mienne ressemblerait plus a celle de l'escargot (en plus, c'est bien franais).

Image: EscargotNewYork.jpg

Depuis mes debuts en course d'endurance (il y a maintenant trois ans et demi) le marathon de New York Žtait un reve.
Ce rve est maintenant devenu réalité et je m'en vais vous raconter ma (modeste) experience sur cette course mythique.

La prŽparation tout d'abord. Longue, trs longue mme puisqu'elle commence un an et demi avant le jour J par l'insciption chez un voyagiste si l'on veut etre certain d'avoir un dossard. Perso, j'avais optŽ pour Thomas Cook au vu des avis plutot positifs glanés sur les forums. Au final je ne serai vraiment pas déu.

Ensuite, il a fallu courir. Eh oui, mais quand on aime a, on ne compte plus les kilometres. Et j'avais dŽcidŽ de me faire plaisir en suivant un plan perso (je commence a bien me connaitre). La prŽparation s'est dŽroulŽe sur 6 mois avec une moyenne de 30K par semaine et un 20K (ˆ Tours) un mois avant le 1er novembre. En effet, j'avais remarquŽ sur les prŽcedents marathons qu'une course longue de prŽpa trop rapprochŽe du marathon me flinguait les articulations.
Sur les 12 derniers mois j'avais couru deux autres marathons (La Rochelle et Paris) et j'arrivais pŽniblement a 20km de moyenne par semaine.
Mais malgrŽ cette accumulation de fatigue et cette progression de mon kilometrage, la prŽparation se dŽroulait sans encombre. A part quelques petites douleurs lombaires mais rien de bien alarmant... pensais-je !

Car la veille du dŽpart en avion, la tuile: un lumbago ! Le mardi, donc a 5 jours de la date fatidique. J'Žtais completement bloquŽ, tordu sur le cotŽ droit. Incapable mme de marcher normalement.
J'ai heureusement pu bŽnŽficier d'une petit sŽance de kinŽ le jour meme avec manipulation osthŽo. Mais je restais vraiment mal.

Je pris cependant la dŽcision de partir (aprs pas mal d'hŽsitations vous imaginez bien) et de tenter l'aventure sachant que la kinŽ de l'Žquipe de France de marathon faisait partie du staff Thomas Cook.
Je me disais que cela s'amŽliorerait petit a petit une fois sur place. Aprs tout, il me restait plusieurs jours a pouvoir me reposer.
Je vous passe les dŽtails du voyage en avion avec une gaine.
Pour moi le 30eme kilo avait dŽja commencŽ et je souffrais comme une bete de rester debout dans les files d'attentes ˆ l'aeroport de New York.
Il y eut bien sur la visite de la ville en bus (je connaissais dŽjˆ cette ville, mais elle me fascine toujours autant). Et le traditionnel marathon-expo pour retirer le dossard (au passage, autant ils sont pro dans l'organisation de la course, autant le retrait de dossard est un peu... bordŽlique).
Mais bon, j'avais le sŽsame en poche, il me restait "juste" a pouvoir courir.
Un grand merci a la kinŽ, Isabelle, qui m'a remis sur pieds le jeudi meme, m'a montrŽ des Žtirement quasi magiques qui ont accŽlŽrŽ la guŽrison et surtout a son enthousiasme communicatif: j'etais regonflŽ a bloc !

Au passage, une petite photo d'elle (je l'ai recroisŽe par hasard le matin du marathon sur Staten Island, aux cotŽs de Colette Sergent).

Photo: isa-kine-colette-sergent.jpg

Comme vous avez deja pu le deviner, tout s'est bien dŽroulŽ le jour J:
- je ne me suis pas rebloquŽ malgrŽ les trois heures d'attentes dans le froid sur Staten Island.

Photo: depart.jpg

- c'est magique de faire les 5 premiers km sur le pont de Verrazano:

Photo: verrazano-bridge.jpg

- j'ai couru tout le marathon avec une new-yorkaise trs sympa (Maia) portant une coiffe de statue de la libertŽ. Et le hasard a bien fait les choses: nous Žtions du meme niveau et nous avons fini ensemble en discutant tout au long du parcours (j'ai appris plein de choses sur New York et ses burroughs).
- pour la premiere fois, aucune tendinite durant la course et donc aucune alternance marche-course sur la fin.
Meme si j'ai couru lentement (tres lentement mme) j'ai couru tout le marathon.
- je termine, heureux comme un gosse, en 5 heures et trois minutes (malgrŽ 5 ponts avec des montŽes mŽmorables).

Photo: arrivee.jpg

Petit bŽmol, aucun ravitaillement solide ce qui est un peu pŽnible quant on a ses habitudes franchouillardes. Par contre, les ravitaillements Žtaient trs nombreux (tous les miles). Ceci m'a permis de m'hydrater convenablement ce qui n'est surement pas Žtranger a l'absence de mes habituelles tendinites.

Ce que je retiendrai par dessus tout: l'ambiance et le public ! Les images des newyorkais qui encouragent avec autant de ferveur les stars de la discipline que les petits coureurs resteront a jamais gravŽes dans ma mŽmoire. Ils vous portent littŽralement !

Photo: ambiance.jpg

Et quelle leon de courage que de voir des coureurs aller jusqu'au bout avec une voire deux prothŽses de jambes !


Maintenant, je profite de deux semaines de repos complet avec des souvenirs plein la tete.
Mais l'envie de recourir revient. Je vous dis donc ˆ bientot sur la piste de Vincennes ou sur une course parisienne.

Arnaud

 

 

 

 

 

Marathon de New york - 1er Novembre 2009