Athletic Coeur de Fond

 

 

 

 

  

 

 

Puisque j’ai réussi à faire une sortie en bicyclette sans finir à l’hôpital et que le week-end du premier mai s’annonce ensoleillé, je décide de m’inscrire à un triathlon.

Internet m’en dévoile un très vite à Etampes.

On est vendredi, c’est dimanche…

Jocelyn est circonspect lorsque je lui parle de mon petit projet. Pas assez de vélo (lui dit « vélo » pas bicyclette)  En fait, je crois qu’il est jaloux.   Il me propose de m’entraîner un peu samedi puisque je fais ce triathlon pour découvrir…Pas grave si je suis fatigué… (je n’ose pas avouer que je vise le podium –la première place pour être honnête- et j’approuve)

Résultat Samedi soir, je suis épuisé (d’autant que j’ai fait les 1000 m normalement Vendredi).

 Un dimanche à Etampes.

 Tout le monde est là pour m’applaudir sur mon premier triathlon : Eric, Christian, François….Jocelyn est excusé (match de foot de son fils), Thierry aussi (au Portugal), Daniel n’est pas au courant, Jean-Marc est fatigué, Fabienne ne m’aime pas, Pierre-Yves vit en Guadeloupe et je ne le connais pas, Machin travaille, Truc est au mariage de sa grand-mère (tiens ce serait pas un mensonge ça ?), Bidule doit faire le ménage (elle est pas bonne cette excuse, je n’aurais pas dû l’accepter), quant aux autres….oh ! oh ! mais je m’aperçois qu’en fait personne n’est là… Qu’est-ce que c’est que ce club de m….

 J’arrive une heure avant avec tout le matériel (et il y en a beaucoup…)

En échange de 17 euros, il m’est fourni un tee-shirt classiquement moche, un bonnet rouge et une puce…(tiens une puce ? et elle va même dans l’eau…oh la la)

J’ai le numéro 62.

Je vais jusqu’au parc à vélo avec mon gros sac et mon vélo.

Après vérification de mon matériel, une jeune fille, sans me demander, s’approche doucement et me fait un petit dessin sur l’épaule et un sur le mollet. Comme c’est mignon. Bizarre mode de séduction et…Ah non, elle a juste noté mon numéro : 62. j’ai cru q…

Bon , je vais à ma place…

Il sont déjà tous là…mes concurrents…oh la la ..ils sont effrayants, grands, musclés, beaux pour tout dire…

J’installe tout mon petit matériel : le vélo de Jean-Marc, la combinaison de Yann, les chaussures de Jocelyn, le casque d’Eric, la culotte de…non je vous dirais pas à qui elle appartient…Beh oui j’ai rien à moi…ça me rappelle quand j’étais enfant et que j’étais invité à l’anniversaire de Sandrine (mon amoureuse à l’époque –7 ans-) Elle organisait toujours des trucs costumés cette vilaine petite bourgeoise…Comme nous étions pauvres, ma mère me constituait un déguisement de clown avec des vêtements récupérés à droite à gauche…Elle le trouvait très joli…Et lorsque j’arrivais à cet anniversaire où mon amoureuse arborait une sublime tenue de princesse,  tout le monde s’extasiait devant mon costume tellement original…de clochard.  J’avais beau dire que j’étais un clown puisque mon nez était rouge, tout le monde riait de voir la petite touche humoristique (et rouge donc) annonçant l’alcoolisme de mon clochard.

Excusez-moi, je vois bien que je m’égare en vous racontant cela…mais il y a des choses…euh...il y a des choses…

 Donc j’enfile la combinaison (très bleue) de Yann  et le bonnet rouge. Oh la la …me voilà déguisé en grand schtroumph…Je n’ai pas pris mes lunettes…tout le monde en a…super.

Je suis (du verbe « suivre » pas « être ». Quoique…) les autres jusqu’au départ prévu pour l’épreuve de natation.

L’étang semble sale et tiendra ses promesses.

Au moment de descendre dans l’eau, vraiment je me demande pourquoi je suis là et quelle culpabilité m’oblige à m’infliger ça…Benoît XVI, lui, doit savoir…

C’est gelé…14° ont-ils inscrit sur une pancarte….mon œil…

Je veux revenir sur la berge et fuir mais Christian, François et Eric sont là qui veillent pour que je boive la coupe jusqu'à la lie…Moi qui pensais qu’ils étaient là par amitié…je vois bien qu’ils conteront ma défaite à tout le club…qu’ils sont là pour ça...Non, j’irais donc….

Oh la la…vraiment c’est horrible….Je barbotte jusqu’au départ…en plein milieu…

Le départ est très soudain…

L’eau est si froide que je n’arrive pas à nager, je suffoque et je ne vois rien…

Le début est lent et tortueux. Je ne vais pas droit, je vais même totalement à droite  (rien de politique je vous rassure). Je brasse un peu et crawle sur le dos.  Ma respiration finit par retrouver son rythme, la sensation de froid s’estompe…Je commence à remonter quelques nageurs…

Sur la dernière ligne droite, je me sens en forme et accélère un peu. Comme je ne vois toujours rien, je suis les bouées d’aussi près que possible mais je me trouve un moment…comment dire …dans la merde…si, si et ce n’est pas une expression…une épaisseur de je ne sais quoi d’un bon centimètre dans lequel je ne respire plus …j’ai peur.

Bon, j’arrive enfin…Je suis happé par des gros bras musclés qui me sortent de l’eau…oh super…pas d’effort à faire…ce sera le seul moment…

Je n’ai aucune idée de mon classement….

Je cours jusqu’au parc à vélos, retire ma combinaison, m’essuie les pieds, enfile mes chaussettes, mes chaussures, mon casque puis mes dossards,. Cette transition se fait très bien…enfin c’est ce que je croyais parce que les faux copains présents me diront à la fin que j’étais très lent… (il paraît qu’il faut pas s’essuyer ni mettre de chaussettes)

Courir avec les chaussures à calles pour sortir du parc c’est pas génial …

Commence l’épreuve de cyclisme dans laquelle je suis sûr de ne pas briller….Je ne serai pas déçu…13 personnes me dépasseront…A chaque virage et descente, j’utilise allègrement mes freins, j’ai peur de croiser un poteau de signalisation qui se précipiterait sur moi une nouvelle fois…Il fait chaud (26°) et j’ai rien à boire…pas de gourde…personne m’en a prêtée…

Ça dure, ça dure…mais ça finit par finir…

Ah !!! la course à pied…je vais pouvoir rattraper un peu mon retard.

Changement de chaussures, les lacets, je jette mon tee-shirt…oh la la, mes jambes…où elles  sont ? restées sur le vélo ?…non, elles sont là, mais lourdes, lourdes…je regrette la sortie de la veille et les 1000 de vendredi.

J’y vais. Pas très rapide au départ mais je rattrape quand même des coureurs assez vite…

J’ai oublié de mettre mon chrono au départ…Tant pis je le mettrais au deuxième.

Un juge arbitre passe à vélo à côté de moi et lance sa sentence.

« 62 : carton rouge »  Ah bon ? mais j’ai rien fait…je vais trop vite ? (mort de rire).

Non, mais le tee-shirt est obligatoire…oh la la, ce qu’ils sont pudiques…et le carton rouge ça signifie quoi ?

Disqualifié.

Oh, non, je savais pas…

« Et si je trouve un tee-shirt en route ? » demande-je.

Je cherche déjà une vieille à qui je pourrais arracher le fichu. Point de vieille en vue…

Il y a bien un paillasson devant une maison…mais à l’arrivée avec un paillasson sur le dos, ça va pas le faire comme disent les jeunes.

De toute façon, l’arbitre me dit que le seul moyen c’est de faire demi-tour…bon c’est foutu..

« Termine quand même ta course » il dit.  Je continue à courir sans trop voir l’intérêt…

Mais je double des coureurs (au final j’en aurai dépassé 20).

2ème km : 3’40’’, 3ème : 3’41’’, 4ème (en cote) : 3’50’’   c’est bon ça me donne la pêche.

Je franchis la ligne d’arrivée sans réussir à doubler le dernier mec que j’avais en ligne de mire et qui finit 6/10ème de seconde devant moi…

Le juge arbitre (un autre, y’en a plein) qui note les arrivées m’attrape aussitôt et me signifie que le tee-shirt est oblig…oui merci, votre collègue me l’a dit. Je pleure un peu pour l’attendrir et ….

Non, c’est pas vrai….vous l’avez cru ? Eh ! je suis pas une fiotte…

Mais il est gentil et ne me disqualifiera pas…

Au final : 14ème sur 76….pas si mal pour un premier sans préparation, des séances de sport la veille et le vendredi et avec des changements jugés piteux par mes vrais copains…(oui, j’ai changé d’avis…)

J’en referai…peut-être celui-là l’an prochain…l’organisation était irréprochable.

 Merci Eric, Christian et François. Grâce à vous, j’étais bien.

Et j’ai plein de photos…

Merci aussi à Jean-Marc, Jocelyn et Yann pour leur matériel.

 

Aymeric Mesa-Juan

 

 

 

Triathlon Etampes 2005 d'Aymeric